La jonction Ashuapun-shipu

Segment 2

Après la chasse de l'automne, le groupe avait déménagé le camp du côté ouest de Mushuau-nipi, où il y avait davantage d'arbres pour faire du bois de chauffage et où l'on était plus à l'abri des vents violents et mordants de l'hiver. En mars, c'était le temps d'aller vers la côte. On chargeait le poisson congelé, la viande de caribou séchée, les vêtements, les fusils, les haches, les marmites et les autres effets personnels sur les shumin-utapanashku (toboggans) et on les attachait avec une pishakaniapi",1); ?> (corde de peau). On enlevait des tipis les peaux de caribou et les toiles et on les attachait sur les toboggans, laissant sur place les structures de bois qui semblaient regarder les Innus alors que ceci s'éloignaient avec difficulté dans la neige.

Ils connaissaient bien le chemin vers le soleil levant. D'abord Mushuau-nipi , ensuite Meiapeu katshitaimatshet *, puis Ashuapun-natuashu , suivi d'un portage en pente raide pour descendre dans la vallée où le Ashuapun-shipu*",2); ?> coulait vers la mer. Shimiu tirait son propre toboggan, en marchant derrière son père. Ses asham (raquettes) épousaient presque parfaitement les traces de celles de son père, signe certain qu'il devenait rapidement un homme. « Je parie que je connais le chemin par cœur maintenant », murmurait-il en lui-même. « Un jour, c'est moi qui vais mener le groupe. »

Souvent, au début de la soirée, sa mère Shanimen et sa sœur Shushepin chassaient la uapineu (perdrix blanche) et le kaku (porc-épic) avec un atshapi (arc) et des akashku (flèches). Le groupe possédait plusieurs fusils, mais pourquoi gaspiller de précieuses munitions alors que les perdrix blanches étaient faciles à chasser à l'arc?

En avril, ils décidèrent de camper au confluent de l'Ashuapun-shipu et de la Kameshtashtan-shipu. Les hommes pêchaient non loin dans les rapides pendant que les femmes réparaient le lacis de quelques asham (raquettes) endommagé par les longs voyages. Pitshu et son petit, Nipishapui, s'étaient amusés avec le lacis d'une paire de raquettes laissées sur le sol pendant la nuit. Il fallait refaire tout le laçage .

Au début d'un après-midi, Shimiu était dans le bois en train de couper des sheshekatikutaku (épinettes noires sèches) pour en faire du bois de chauffage, lorsqu'il entendit des hurlements venant de la rivière. « Viens vite! Maman est tombée à travers la glace!. Tshinipik maku Innuat petutek ! (Vite, vite, viens!) Avant qu'il soit trop tard! »

Le temps que Shimiu arrive à la rivière, Atika était déjà sur place. « Reste calme, Shanimen! Tiens bon, je vais te sortir de là! » Au grand étonnement de Shimiu, son grand-père enleva son manteau en peau de caribou et l'étendit sur la glace mince à côté de l'endroit où Shanimen avait traversé la glace. Marchant avec précaution sur le manteau, il arriva jusqu'à elle et lui prit la main. Le temps de le dire, elle était sortie du trou et allait rapidement vers le tipi pour se sécher et se réchauffer.

Suivant   Précédent  Haut de la page